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Selon la source, entre 56% et 84% des achats en ligne en Tunisie se règlent encore en espèces à la livraison. Cet écart n'est pas une erreur — il révèle simplement que ces chiffres ne mesurent pas exactement la même chose. Voici comment s'y retrouver, et pourquoi cela compte pour votre stratégie e-commerce.

Trois chiffres, trois définitions différentes

La donnée la plus citée — 56% — provient d'analyses combinant les données de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) et des études sectorielles 2026. D'autres sources évoquent plutôt 68 à 70%, en baisse par rapport à plus de 80% en 2022. Une analyse plus récente évoque un chiffre proche de 84% des opérations e-commerce encore réglées en cash à la livraison.

La différence tient à ce qui est compté : certaines études mesurent la part des transactions e-commerce en cash, d'autres la part des sites marchands qui proposent uniquement le COD, d'autres encore combinent paiements en ligne toutes catégories confondues. Le point commun à toutes les sources, en revanche, ne fait pas débat : le paiement à la livraison reste dominant, quelle que soit la méthode de calcul.

Ce que la BCT confirme officiellement

Les transactions électroniques en Tunisie ont franchi le seuil des 14 millions d'opérations, pour un montant avoisinant un milliard de dinars, selon les données de la Banque Centrale de Tunisie. La progression est réelle : environ 13,5 millions d'opérations de paiement non-cash ont été enregistrées en 2025, en hausse de plus de 5% sur un an, pour une valeur totale dépassant 1,4 milliard de dinars. Le nombre de sites e-commerce actifs a lui aussi progressé de plus de 19% sur la même période.

Mais la transition reste freinée par des facteurs structurels que même les responsables du secteur reconnaissent publiquement : un manque de confiance persistant des consommateurs, une bancarisation encore partielle, et un cadre réglementaire jugé incomplet pour clarifier la responsabilité entre plateformes et livreurs en cas de litige. Le directeur du développement du commerce électronique a lui-même appelé publiquement à accélérer la transition vers les solutions de paiement digitales, signe que le sujet est aujourd'hui pris au sérieux au niveau institutionnel, pas seulement par les acteurs privés du marché.

IndicateurValeur
Transactions électroniques enregistrées (BCT)14 millions +
Progression des sites e-commerce actifs (2025)+19,2%
Valeur des paiements non-cash (2025)1,4 milliard TND +

Ce que ça change concrètement pour votre boutique

Peu importe le chiffre exact retenu : la conclusion pratique est la même pour un e-commerçant tunisien en 2026. Le paiement à la livraison ne va pas disparaître à court terme — le proposer reste quasiment obligatoire pour ne pas se couper d'une majorité de clients. Mais ne proposer que le COD revient à ignorer une part croissante et déjà significative d'acheteurs prêts à payer en ligne, tout en subissant de plein fouet les coûts cachés du cash à la livraison : taux de refus élevé, trésorerie retardée de plusieurs jours, et panier moyen plafonné parce que les clients hésitent à commander des articles chers sans avoir payé d'avance.

  • Proposez le COD par défaut — c'est encore l'option qui rassure la majorité des acheteurs tunisiens
  • Ajoutez au moins une option de paiement en ligne (Konnect ou Flouci) pour capter les clients qui préfèrent payer d'avance
  • Confirmez chaque commande par téléphone ou SMS — cette étape simple réduit les refus de 30 à 40% selon plusieurs acteurs du secteur
  • Suivez votre propre taux de conversion par mode de paiement plutôt que de vous fier uniquement aux moyennes nationales

Retenez surtout ceci : les chiffres nationaux, quels qu'ils soient, ne remplacent jamais vos propres données. Deux boutiques dans le même secteur peuvent avoir des taux d'adoption du paiement en ligne très différents selon leur clientèle, leur ticket moyen et la confiance déjà installée avec leurs acheteurs.

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L'écart vient de ce qui est mesuré : certaines études comptent la part des transactions e-commerce en cash, d'autres la part des sites qui ne proposent que le COD, d'autres combinent plusieurs catégories de paiement. Le point commun à toutes les sources est que le COD reste dominant.

Non, à court terme il reste quasi obligatoire de le proposer pour ne pas se couper d'une majorité de clients tunisiens. La bonne stratégie est de le garder par défaut tout en ajoutant une option de paiement en ligne.